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Destinations · Suède

Descendre une rivière en radeau en Suède : l’aventure familiale XXL

Camille de The Tison on the Road raconte cinq jours et quatre nuits en radeau sur la rivière Kläralven, au centre de la Suède, avec une tribu de 9 personnes : une aventure familiale sauvage, sportive et joyeusement décalée.

Les Tison on the road
Famille testeuse de Toulouse, à la recherche de pépites hors sentiers battus
Mis à jour le 8 octobre 2026
Lecture 12 min
Itinéraire en 5 jours
Descendre une rivière en radeau en Suède : l’aventure familiale XXL
TESTÉ & VALIDÉ

Camille de The Tison on the Road a toujours de superbes idées à partager. Depuis longtemps, elle rêvait d’un périple en Suède, entre stuga rouges posées sur les îlets, vie de Robinson, grillades de saumon, sauna en pleine nature et bains vivifiants sous la lumière d’été qui ne s’éteint presque jamais. Elle nous raconte une expérience totalement inédite : une expédition en radeau avec Vildmark I Varmland, un petit organisme familial très sérieux, le long de la rivière Kläralven, au centre de la Suède.

Au programme : cinq jours et quatre nuits avec une tribu de 9 personnes en pleine nature, dans une aventure à la fois sauvage, sportive et joyeusement décalée. Pour convaincre mari et enfants, Camille embarque Sophie, sa super copine toujours prête à la suivre dans ses délires, et le meilleur copain de son fils : pas d’ados boudeurs à l’horizon, mais des ressources de choix ! C’était sans savoir encore que tous ces moussaillons seraient bientôt indispensables à leur survie… Découvrez le récit de Camille plein d’enthousiasme, et d’aventures !

JOUR 1 - Bienvenue chez les Robinson-Vikings !

18h. Après un stop dans un supermarché pour constituer notre ravitaillement nous découvrons, la base de l’organisme Vildmark I Varmland à Gunnerud. Sous les sapins, dans une cabane de bois typique, de grosses caisses de matériel ont été déposées avec notre modèle de radeau à construire : nous voilà dans l’ambiance, tels des Robinsons-Vikings ! Un jeune moniteur, blond évidemment, nous montre le matériel puis le détail de l’itinéraire : 50 km de descente, 5 ponts et les fameux points verts… qui seront nos points noirs : des zones délicates où il faudra éviter de rester coincés en pleine rivière.

Zoé au départ de l’aventure en radeau en Suède

La Kläralven, qui signifie « rivière claire », prend sa source au nord de la Suède, traverse la Norvège avant de revenir dans le centre-sud du pays. Réputée pour la pêche, elle était historiquement utilisée pour le flottage du bois. Les Suédois, friands et adeptes des descentes de rivières à bord d’embarcations, nous proposent donc ces radeaux étonnants, en plus d’être sacrément mignons esthétiquement. Nous assistons au briefing sécurité et bénéficions d’une session d’apprentissage de nœuds pour fixer les rondins.

Construction d’un radeau en rondins sur la rivière Kläralven

22h30. Les garçons tentent déjà un lancer de bouchon avec leurs cannes à pêche dans la lumière du soir. Cette lumière permanente déboussole un peu : on aurait tendance à ne jamais aller se coucher ! Et oui, ici, en plein été, le soleil se couche tard… très tard.

JOUR 2 - construire un radeau de 3 tonnes : facile, non ?

Le lendemain, nous partons en bus affrété par l’agence, après avoir déposé les voitures à l’arrivée, pour une petite heure de trajet. Direction Branas, notre « chantier » naval sommaire, fait d’énormes tas de rondins empilés, que nous allons devoir porter et assembler ! Le travail est titanesque. On tire la langue, mais nos moniteurs nous guident avec un flegme de vrais Vikings. Nous construisons de nos mains un esquif de 3 tonnes, en trois plateformes de 9 mètres sur 3. Une journée entière de chantier.

Construction du radeau en rondins, jour 2

Les ados sont exemplaires, la solidarité se scelle dans l’effort. Les muscles tirent, mais les premiers fous rires fusent ! Par chance, le soleil brille, l’eau est claire, autour de 18 °C, et le sable couleur cassonade. En milieu d’après-midi, on assemble enfin les trois parties. Les moniteurs ajoutent encore des rondins qu’on pensait impossibles à caser et les encastrent au pied de biche : des Vikings, je vous dis ! Ils nous conseillent de partir le lendemain. Mais, têtus, nous voulons nous élancer le soir même. On comprendra vite qu’ils avaient raison !

17h30. On s’attaque au montage de la tente, assez technique, mais elle sauvera notre première journée. Je vous livre bientôt la suite ! On charge ensuite bouée, bagages, canoë (vital !), caisses et pieux de direction avant le dernier briefing. Il ne nous reste plus qu’à baptiser cette embarcation, notre maison pour les trois prochains jours. Ça sera Jobi-Joba en référence au délire de Pierre, mon mari, qui c’était mis dans tête de vouloir apprendre la guitare auprès de Jeanne, une des ados de notre équipage !

19h. Nous voilà partis, seuls, dans la superbe lumière du soir. L’apéro récompense l’effort, le silence de la rivière enveloppe nos fous rires, et l’on félicite les enfants pour leur aide et leur détermination.

23h30. On s’effondre dans les tentes, épuisés, assaillis de moustiques, mais tellement heureux d’être arrivés là.

JOUR 3 - un banc de sable et zéro panique… enfin presque !

Au matin de cette première journée de navigation, on se lève tôt. La première heure, tranquille, file entre petit déjeuner et vaisselle à l’eau de la rivière, sans chichi. Puis la pluie s’invite, avec le froid et l’humidité. Sur l’eau, nos polaires, pantalons et K-way suffisent à peine. Pierre, mon mari, prend le poste de capitaine, Basile fait le mousse à l’avant, et le reste de la troupe se pelotonne sous la tente. Jeanne gratte quelques airs à la guitare, certains somnolent, on se réchauffe au thé. On est loin des photos de la petite famille modèle suédoise qui se la coule douce sur son superbe radeau !

Les enfants à bord du radeau sur la Kläralven

Brutalement, on sort de notre torpeur : « Banc de sable droit devant ! ». On rejoue Titanic et son iceberg. On tente l’évitement, trop tard : l’inertie du radeau exige plus d’anticipation. Nous voilà coincés, comme des marins d’eau douce que nous sommes, avec trois tonnes à pousser. Pierre et Basile se mettent à l’eau pour une première manœuvre. Impossible, la bête bouge à peine. Pierre file alors en canoë repérer fonds et courants. Mais en enjambant le canoë, il se retourne comme une crêpe et ressort trempé ! On pouffe, mais la tension monte : il va falloir tous se mettre à l’eau, alors qu’on est déjà frigorifiés.

On hurle comme des fous, comme une mêlée de rugby - Toulousains, ça nous connaît ! - et quand notre monstre en bois commence enfin à bouger, on se sent transcendés : plus de froid, plus de douleur, juste des titans en pleine rivière. Quelle victoire de voir le radeau flotter à nouveau ! Le courant l’emporte déjà, il faut remonter vite. On se hisse tous sur la plateforme et on hurle de joie : ça y est, nous voilà dans Koh-Lanta ! La colère se transforme en fierté d’avoir uni nos forces. Assez dingue de vivre ça avec ses enfants !

Tout l’équipage réuni sur le radeau

L’après-midi est doux et rieur. On accoste près d’un village, rêvant d’un café pour nos matelots. Dans la campagne, on se croirait dans La Petite Maison dans la Prairie, entre fermes façon jouets Fisher Price et villages rouges et blancs absolument charmants. Le magnifique campement de Munkebol nous accueille pour la soirée : pas de moustiques, belle herbe, feu de camp, abri, toilettes sèches et architecture de bois digne d’un conte de trolls. La soirée est heureuse : chamallows grillés, bananes cuites en papillote napées de chocolat, dents brossées dans l’herbe… et au lit, de nouveau épuisés, mais heureux.

Pause café dans un village au bord de la Kläralven

JOUR 4 - Le radeau de la Méduse : une parodie qui devient réalité !

La matinée est agréable entre petit déjeuner de rois pour fêter les anniversaires et photo-montage pour grimer Géricault et son célèbre Radeau de la Méduse. Mais c’était sans savoir que cette parodie s’avérerait prémonitoire ! Fiers de notre réalisation, on embarque. Mais voilà que les embûches commencent : on repère trop tard une île à l’horizon, le vent est fort, le courant nous pousse à bonne allure et nous voilà de nouveau bloqués sur un banc de sable. Cette fois, l’épreuve est plus difficile. Nous restons coincés durant deux heures entre agacement, mutinerie et exaltation de la réussite une fois délivrés ! Le moral oscille en dents de scie, jusqu’à la sensation revivifiante de la gagne.

Parodie du Radeau de la Méduse par l’équipage

Mais la rivière n’a pas dit son dernier mot. À peine repartis, nous voilà de nouveau piégés : rochers sous l’eau, rafales de vent, visibilité brouillée… Le radeau dérive droit vers les berges et leurs arbres penchés. Il faut sauter encore, pousser, tirer, lutter contre le courant. Basile, moussaillon héroïque, hurle « IMPACT ! » avant chaque choc : on rit nerveusement, les yeux rivés sur la tente qui menace de s’écrouler. À quelques centaines de mètres de l’arrivée, nouveau blocage. Maudits ? Nuls ? Peu importe : Il faut encore se mettre à l’eau. Le courant est très fort et voilà que Jeanne ne parvient pas à remonter.

Des airs de naufragés sur le radeau

Une femme à la mer ! Branle-bas de combat. Basile s’élance en canoë et pagaie comme un damné. Sur le radeau, on retient notre souffle… puis on explose de joie quand elle remonte enfin. Mais autour de nous, c’est le chaos : cordes à terre, tente affaissée, matériel trempé. On répare et, vu le soleil annoncé, on renonce à remonter la tente. Cette fois, nous gagnons le camping de Vildmark I Varmland : douches chaudes (trois minutes divines) … mais divine ! On étale notre naufrage pour accélérer le séchage, puis on fête cette arrivée au coin du feu, guitare en main, entiers et heureux.

JOUR 5 - Enfin des eaux calmes… et la victoire !

7h30. Nous levons l’ancre ! C’est une superbe journée : rivière parfaitement lisse, pas de vent, beau soleil… Enfin des conditions idéales ! La plupart de l’équipage se laisse aller à la sieste. Il faut dire que les jours précédents, les levers aux aurores ont mis tout le monde KO. Vu d’en haut, nous ressemblons désormais aux naufragés du Radeau de la Méduse !

12h. Nous approchons de la rive finale un peu avant midi : victoire !

On l’a fait ! Fatigués, un peu cabossés, mais tellement fiers. Cette descente de la Kläralven restera comme une vraie épopée familiale : sportive, drôle, parfois complètement folle, mais surtout incroyablement fédératrice. Une aventure qui laisse des courbatures, des fous rires, des souvenirs immenses… et cette sensation délicieuse d’avoir vécu quelque chose d’intense et rare, ensemble.

Victoire à l’arrivée de la descente de la Kläralven en radeau

Le conseil de Camille ? Partez avec des ados, des amis, un bon stock d’autodérision et l’envie de vous laisser surprendre. Si vous aimez les voyages qui rapprochent, les petites galères qui deviennent de grandes histoires et les victoires qu’on savoure encore longtemps après, cette aventure est faite pour vous. N’hésitez pas à suivre les aventures complètes de Camille en Suède sur son blog The Tison on The Road.

Camille pendant l’aventure en radeau en Suède

Stuga suédoise traditionnelle au bord de l’eau

Les conseils de Camille, famille testeuse Voyage Family

Rétrospectivement as-tu des conseils à donner sur la fabrication du radeau ?

Avec notre grand groupe, nous étions persuadés que fabriquer un unique grand radeau était LA solution pour être toujours ensemble, mais la navigation aurait été peut-être plus aisée sur un plus petit radeau, comme cela est montré en photo sur le site internet du prestataire VILDMARK. On peut être 6 maximum par radeau standard. Mais avec 2 radeaux, nous n’aurions jamais réussi à nous suivre et à nous arrêter pour nous entraider.

As-tu des recommandations vestimentaires pour affronter les aléas météo ?

Je recommande des vêtements chauds, un équipement approprié. Un pantalon étanche aurait été une bonne idée à rajouter dans nos valises, Souahyl le copain de mon fils Félix en avait un et il ne l’a pas quitté !

A part la carte et les recommandations de départ comment avez-vous appréhender cette navigation ?

Nous avions du réseau partout sur la rivière : heureusement car nous nous dirigions grâce à Google Maps pour nous situer. Sur les berges il n’y a aucun panneau indicatif ! C’est vraiment une aventure de pleine nature ! En cas de vraie difficulté, on disposait d’un numéro d’urgence pour joindre les moniteurs, mais l’expérience nous a montré qu’en vrais Vikings il leur en faut beaucoup pour se déplacer !! Ils peuvent cependant donner de bons conseils par téléphone, mais il faut maitriser l’anglais !

Nous ne nous sommes jamais sentis en danger. Partout sur la rivière le niveau de l’eau est assez bas, à hauteur de la taille, ce qui explique les blocages mais cela crée un climat totalement sécuritaire pour évoluer sur la rivière. Des gilets de sauvetage sont fournis pour tous, et une bouée de sauvetage trône fièrement sur la tente !

Quel type d’équipage recommandes-tu pour vivre cette aventure ?

Notre tribu élargie était soudée. Il faut vraiment des ados et un équipage qui se connait et qui a déjà l’habitude de vivre des vacances et des aventures ! Je n’emmènerais pas de jeunes enfants à bord, même si d’autres familles le font, car je trouve que l’attention des adultes est constamment tournée sur la conduite du radeau : on a trop à gérer pour pouvoir surveiller les plus jeunes, il n’y a pas de filets de sécurité et les pieux de direction sont lourds, ça ne me semble pas adapté aux moins de quatre ans, même aventureux !

En conclusion

Il s’agit d’une aventure très sportive qui s’adresse aux familles qui sont prêtes à donner de leurs muscles ! Il faut partir idéalement avec 4 adultes et des ados, sans penser qu’on va se la couler douce sur la rivière pendant quatre jours ! C’est un voyage engagé !

La famille à la fin de la descente de la Kläralven en radeau, Suède

Les Tison on the road
Écrit par
Les Tison on the road

Pédiatre à l'hôpital et maman de trois têtes blondes, Camille est une passionnée de voyage qui aime trouver les pépites hors sentiers battus, peu importe la destination, et retranscrire les sensations de la famille en mots et photos, pour garder précieusement leurs aventures dans leurs cœurs.

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Publié le 8 octobre 2026
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