nos Family portraits

Quand le voyage en famille dérape...

Récit et conseils d’une famille partie faire un TDM en vélo 

 

Dans la vie il y a les projets comme on les a rêvés et préparés minutieusement. Et puis il y a la réalité. En voyage plus qu’ailleurs, on se confronte sans cesse aux imprévus et cela fait du bien d’apprendre à ne pas tout maîtriser et anticiper. Pourtant, il y a aussi des moments où l’imprévu apporte son lot de galères, où le voyage prend une tournure qu’on n’avait pas imaginée.

Sylvie et Jocelyn sont partis initialement pour 7 mois faire un « tour du monde » en famille à vélo avec leurs 3 enfants (Plume et Ninon de 7 et presque 9 ans, et Edern de 2,5 ans). Après des mois de préparation de ce voyage à vélo avec les enfants, et seulement quelques jours sur place à pédaler, une grave blessure du petit dernier a marqué la fin du voyage. Tout du moins tel qu’il était prévu ! Comment gère-t-on les problèmes en voyage en famille avec des enfants ? Peut-on les éviter complètement ? Ces risques, ces imprévus doivent-ils nous faire renoncer à partir à l’aventure en famille ?

Vous allez voir avec le récit de Sylvie que même dans ces situations, le voyage finit toujours par gagner, que la vie de famille s’en trouve toujours grandie, que le rêve a toujours été atteint. Le seul fait de rester chez soi nous prémunit-il des galères ? Ce serait trop simple ! Alors oui, prenons le tournant de l’aventure en famille, acceptons les imprévus !


=> D’autres récits de tour du monde en famille :
tour de Madagascar en vélo et la Famille Dacaluf autour du monde.


Quand le voyage en famille dérape...



Quel beau projet que ces 7 mois de voyage en famille à vélo en Asie et en Amérique du sud ! Quel était votre projet au départ ?


Nous voulions passer du temps de qualité en famille, partir à l’aventure ensemble, couper du speed du quotidien. Le vélo s’est vite imposé comme un moyen de transport idéal pour nous, car Jocelyn est un passionné de ce sport et qu’il s’y connaît (c’est pratique d’avoir un « réparateur technique » dans l’équipe). Le vélo en famille me convenait aussi car je voulais profiter de ces 7 mois au grand air, et pouvoir prendre le temps de rencontrer les gens.

On a ainsi pris des billets d’avion pour la Chine au départ, puis nous devions faire le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande en vélo avant de nous envoler pour l’Amérique du sud et finir notre voyage en famille à vélo sur ce continent.

 

Sauf que le voyage en a décidé autrement ?!


Après avoir passé quelques jours à Pékin, Xi’an (je voulais voir cette armée de soldats enterrés !), on a commencé à pédaler depuis Guilin. L’idée était de descendre doucement vers le sud de la Chine. Le voyage en vélo en famille pouvait commencer ! Nous avons pédalé le long de la manigifique rivière Li, pris des bacs pour traverser avec les vélos, repédalé… Nous avons passé 3 jours fabuleux.

Et puis, le 4ème jour, bing. C’est l’accident tant redouté.

On avait mis une selle entre le guidon et la selle du Jocelyn pour qu’Edern, notre petit dernier, puisse sortir de temps à autre de sa carriole. Un moment, Jocelyn a tourné sa roue, le pied d’Edern s’est coincé dans le garde boue ce qui lui a arraché la peau et cassé le tibia.

J’étais un peu devant avec les filles et lorsque j’ai vu mon homme arriver en pleurant avec mon fils dans les bras, j’ai mis mon cerveau et mes sentiments de côté. Jocelyn s’en voulait, mais il fallait avancer !






Comment ça se passe au niveau sanitaire, pour se faire soigner dans la campagne en Chine ?


Personne ne parlait anglais autour de nous. Au bout d’un moment, une dame a fini par comprendre et nous emmener à un dispensaire de campagne puis dans l'hôpital le plus proche. Mais là aussi les poubelles débordaient de pansements souillés, il y avait des malades partout, il faisait chaud… J’ai failli tomber dans les pommes et c’est ma fille Ninon qui s’est occupée de moi pour que mon malaise passe !

On a tellement halluciné sur les conditions d’hygiène que nous avons refusé qu’ils perfusent Edern. Nous avons donc repris notre fils sous le bras, et téléphoné à notre assurance voyage qui nous a conseillé d’aller faire soigner Edern dans un hôpital précis à Hongkong.





As-tu des conseils à donner aux familles concernant les assurances voyage et les assurances rapatriement ?


Les assurances voyage sont un sujet à ne pas prendre à la légère car quand on doit s’en servir, c’est un grand soutien moral de voir que l’on est conseillé, pris en charge dans de bonnes conditions.

Et puis même avec une bonne assurance voyage, ce n’est pas si simple à gérer à distance car cela nécessite beaucoup d’échanges avec eux pour trouver la meilleure solution, il faut composer avec les décalages horaires, etc. Ce qui est certain, c’est qu’il faut accepter toute leur aide, se battre pour bien tout comprendre, ne pas hésiter à négocier, à faire un peu pression…

De notre côté, nous avons fait l’erreur de dire à notre assurance voyage qu’on se débrouillerait seul pour rejoindre Hong Kong, alors qu’on aurait du demander à se faire rapatrier là-bas  depuis notre campagne ! Cela nous aurait évité bien des problèmes : bus dégoûtant de nuit qui arrive au mauvais endroit (Shenzen à la frontière, car malgré ce qu’on peut penser, on passe une frontière pour aller de la Chine à Hong Kong, il faut ensuite reprendre un taxi pour continuer jusqu’a Hong kong !), etc. Je vous passe les détails mais galérer dans les transports avec un enfant en souffrance ce n’est pas ce qui peut arriver de mieux.

Puis nous avons finalement rejoint l’hôpital recommandé par notre assurance voyage. Ouf.





Comment gère-t-on l’hôpital et le quotidien avec un enfant hospitalisé en voyage à l’étranger ?


L’hôpital, c’est galère quand on est chez soi, dans son pays. Et ça l’est encore plus quand on est loin !

Mais ce qui est vraiment incroyable c’est la solidarité qui s’est alors mise en place via notre blog et notre réseau Facebook pour nous faciliter le quotidien.

Des amis d’amis qu’on ne connaissait pas et qui habitaient à Hong Kong nous ont ainsi contactés pour que nous puissions passer du temps avec eux. C’est très important en fait pour les frères et sœurs de l’enfant hospitalisé : pour eux aussi c’est la galère, pour eux aussi le voyage s’arrête et la déception est là, sauf qu’on ne peut pas s’occuper d’eux, trop occupé avec le « malade » et les démarches administratives !

Ces après-midi passées chez des familles d’expat de Hong Kong étaient donc salvatrices. Les filles ont pu retrouver leur insouciance le temps de quelques heures, jouer avec des enfants, etc. Elles ont même été invitées à dormir ! Ca nous a permis de souffler un peu, nous les parents, et ce n’est pas négligeable.

Tout ce soutien nous a fait chaud au cœur !








Comment ça s’est terminé finalement pour Edern ? Qu’en est-il devenu de votre tour du monde en famille en vélo ?


On s’est fait rapatrier en France par notre assurance car la plaie d’Edern nécessitait des soins spécifiques et son tibia cassé une immobilisation.



Ce fut la fin du tour du monde à vélo pour la famille ?


Disons que c’était un retour case départ, pour mieux repartir, ou en tout cas pour repartir différemment.

De retour chez nous, les filles ont repris l’école quelques temps puis nous avons pris les billets d’avion pour repartir 5 semaines après. Direction le Vietnam, Hanoi, la baie d’Along puis Nha Trang avant de redescendre dans le delta du Mékong à la frontière du Cambodge. Le voyage en vélo, comme on l’avait imaginé ! Ca a duré 3 mois pendant lesquels on a fait le Vietnam, le Cambodge et la Thaïlande.







Mais on avait perdu du temps, de l’argent, il commençait à faire beaucoup trop chaud pour pédaler en Asie du sud-est et la saison des pluies arrivait. Nous ne pouvions plus partir en Amérique du sud comme prévu initialement, et on pouvait difficilement continuer notre voyage en famille en vélo dans cette région du globe…

Nous avons décidé de rentrer en Europe, pour faire un tour… de France à vélo ! Je ne vous cache pas que ce fut au départ un imprévu de plus à gérer et que nous étions tristes de quitter l'Asie. Mais nous avons pris beaucoup de plaisir dans cet itinéraire imprévu en France et ce fut une bonne occasion de le faire !











Nous sommes remontés depuis Nice jusqu’à Rennes où nous habitons en vélo, découvert le magnifique canal du midi et bien d’autres merveilles. Ce fut l’occasion de se rendre compte que l’on n’a pas besoin de partir à l’autre bout de la planète pour rencontrer des gens accueillants, pour vivre une vraie aventure dépaysante. Et quel moment fort de terminer le voyage à l’école des enfants au moment de la récré au milieu de tous les copains ébahis !




Qu’est ce que toutes ces péripéties vous auront appris ? As-tu des conseils à donner aux familles qui souhaitent partir en tour du monde en famille en vélo ?


Cette aventure est un énorme luxe à la portée de tous. Alors oui, ce n’est pas des vacances, cela demande un investissement en terme d’énergie, mais ce qu’on en retire et à la mesure de cette dernière ! Et non, aucun de nos imprévus ne nous ont jamais fait regretté d’avoir choisi de faire ce voyage en famille. Je dirais même que lorsque des personnes nous demandent de parler de notre voyage, nous oublions même de parler de l'accident !

Enfin, mon conseil serait plutôt une réflexion : l’aventure peut être vécue à côté de chez soi, alors il n’y a pas un instant à perdre pour la partager avec les enfants et sortir de sa zone de confort !



Vous voulez en savoir plus sur l’incroyable voyage de Sylvie et sa famille ? Vous pouvez consulter leur blog Cinq à Cycle.



=> Découvrez aussi le tour de Madagascar en vélo en famille !
=> Lire d'autres portraits de familles inspirantes

Vous aimerez aussi


Destinations
Madagascar
Témoignage de parent voyageur
 
Madagascar
Destinations
Thaïlande
Thaïlande avec enfants
 
Thaïlande

Posez vos questions, je vous réponds !

Vous avez une question à propos de Quand le voyage en famille dérape... ?
Une réaction ? Des bons plans à partager ? Laissez moi un commentaire !

5 Commentaires Ajouter le votre
Mes carnets de découvertes - le 13 janvier 2016 Répondre

Nous qui adorons faire du vélo en famille, leur aventure me parle beaucoup. Cela ne m'étonne pas qu'ils aient apprécié faire du vélo en France : nous le constatons chaque fois que nous avons fait des escapades vélo même de 3 jours : c'est déjà l'aventure ! C'est vraiment la force de ce type de voyage. Et en plus, avoir une remorque avec un enfant dedans attire tout de suite la sympathie.

Alice - le 13 janvier 2016 Répondre

Très intéressant ce partage d'expérience. Car oui l'aventure n'est pas faite que de bons moments mais c'est pourtant d'eux dont on se souvient. Cette famille a eu beaucoup de courage et leur aventure "modifiée" est très belle.

Thomas - le 14 janvier 2016 Répondre

Bravo d'avoir si bien rebondi !
Je peux témoigner de la qualité de service de MasterCard en pareil cas, que nous avions sollicité, depuis Kuta-Lombok en Indonésie à l'été 2012. Nous avions quitté Bali pour Rinca et Komodo quelques jours auparavant avec nos 3 gars et le dernier, 20 mois à l'époque, avait 40°C de fièvre depuis 5 jours. Il avalait du Doliprane toutes les 6 heures, mais elle ne baissait pas. Malgré tout il avait la pêche et mangeait bien mais cela commençait à nous inquiéter car nous étions un peu loin de tout et partions le lendemain pour l'île de Gili Meno où il n'y a aucun médecin. Le service d'assistance joint vers 23h heure locale, a commencé par proposer de nous rappeler pour ne pas qu'on paie la communication et nous a passé un médecin pour une consultation par téléphone et décider de la suite. Ils n'ont en l'occurence pas voulu qu'on poursuive le voyage vers notre îlot désert sans avoir consulté un pédiatre de leur réseau. Ils nous ont donc arrangé un RV à l'hôpital de Mataram le lendemain et nous ont rappelés pour nous envoyer un taxi (de luxe !) pour m'emmener avec mon fils depuis notre étape du lendemain vers l'hôpital. Bien sûr, Eliott n'avait plus de fièvre ! La pédiatre (qui consultait pieds-nus !) ne parlait pas anglais et s'était fait accompagner d'une collègue traduisant. Elle a conclu à une grippe virale et nous avons pu poursuivre notre voyage rassurés.
Il s'agit d'une carte Gold et je ne sais pas si le même niveau de prestation est offert avec la carte classique, mais c'est en tout cas très précieux à connaître car cela peut-être très utile lorsqu'on est en difficulté au milieu de nulle part (du moins c'est ce qu'on croit, car ils nous ont bien dit avoir l'habitude d'intervenir n'importe où dans le monde). Surtout qu'il nous restait tant de choses à découvrir sur les Gili's et Bali...

Brenda - le 04 octobre 2016 Répondre

Merci pour ce petit récit. Il relate un peu les peurs que j’ai pendant les voyages. Il m’a cependant aussi permis de faire le point sur les précautions à prendre quand on se déplace avec les enfants. En tout cas, je salue le courage de cette famille.

Alix - le 09 mai 2018 Répondre

Merci pour votre récit...je viens tout juste de prendre le pied de mon Basilou dans ma roue arrière, il a une grosse plaie mais heureusement pas de fracture.

NOM*
EMAIL* (REQUIS MAIS SECRET)
COMMENTAIRE

Boarding Pass


Ne ratez rien !
De l'inspiration + de l'évasion
+ des conseils + des jeux concours
Prénom
Nom
Mail
Pour obtenir le guide
veuillez remplir le formulaire suivant :
Prénom
Nom
Mail