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Le tourisme solidaire, oui. En famille ? Aussi !

Mission humanitaire avec ses enfants


Et si on profitait du temps que l’on a en voyage pour se rendre utile et l’offrir à ceux qui en ont besoin ? Et si c’était un moment privilégié pour transmettre des valeurs d’entraide et de solidarité à nos enfants ? Et si on se rendait compte que le tourisme solidaire en famille apportait, en réalité, autant qu’il permettait de donner ?

J’ai voulu en savoir plus sur ces vacances d’un autre genre. C’est une belle manière de voyager différemment avec les enfants, reste à savoir comment s’y prendre et comment organiser un tel projet de volontariat à l’étranger. Angèle est partie 5 semaines en mission humanitaire en famille avec ses deux enfants, Corail et Céleste, alors âgées de 5 et 12 ans. Elle vous raconte son expérience et vous donne ses conseils pour en faire autant !

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Comment l’idée t’est-elle venue de faire du tourisme solidaire en famille ? Quel type de mission recherchais-tu ?

Nous devions partir pour 6 mois en tour du monde en famille dans le sous-continent indien, et malgré la joie que me procurait ce projet, j’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose. Dans le fond, je me demandais quel était le sens de cette parenthèse : nous avions de la chance, nous voulions la partager ; nous avions du temps, nous voulions en redonner.

Nous avons donc eu l’idée d’insérer deux « moments » dédiés au bénévolat dans ce voyage au long cours. Nous pensions plutôt à intégrer des orphelinats car nous ne voulions pas constituer un handicap pour les structures. Dans un centre d’accueil dédié à l’enfance, le fait de venir avec ses propres enfants est un vrai plus car ils deviennent des copains supplémentaires pour les pensionnaires. A l’inverse, les enfants peuvent plus facilement trouver leur place et se rendre utile.

tourisme solidaire en famille

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Comment as-tu trouvé des missions humanitaires qui acceptaient les enfants ?

Il y a beaucoup de structures qui se sont organisées pour faire partir des voyageurs en vacances solidaires en famille. C’est devenu un business. Ces agences de voyage sont utiles pour les parents qui n’ont pas autant de temps que nous, mais ce n’était pas ce que nous cherchions. On ne voulait pas payer, on voulait juste offrir nos bras. Nous avons découvert le site workaway.info. C’est un site collaboratif sans intermédiaire (abonnement à 38$ US pour l’année) : d’un côté, les porteurs de projet publient leurs besoins, de l’autre, les personnes qui veulent s’investir choisissent une structure en fonction de leurs envies et du pays désiré.

Nous souhaitions faire notre première mission humanitaire en famille en Inde, et avons donc choisi la structure sur le site par localisation géographique. Nous nous sommes mis en contact direct avec la responsable de l’orphelinat, lui avons expliqué qui on était. Cela lui convenait ! Elle demandait juste un dédommagement pour le gîte et le couvert, soit environ 7€ par jour pour nous quatre. Pour le reste, rien n’était vraiment défini. Dans ce genre d’aventure, il faut être souple, se laisser surprendre par ce qu’il va arriver.

Nous avons trouvé la deuxième mission par bouche-à-oreille. Une personne qui avait entendu de notre volonté de faire du bénévolat au Népal, nous a conseillé la structure Ocean Nepal. Elle est un peu plus organisée que l’orphelinat en Inde, un peu plus chère aussi, mais les conditions d’hébergement sont également meilleurs. Là encore, nous nous sommes laissés guider par la vie.

tourisme solidaire en famille

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Concrètement, quelles étaient vos tâches pendant ces vacances solidaires en famille ?

En Inde, nous sommes arrivés avec l’envie d’optimiser à fond nos deux semaines de présence et d’entamer de gros chantiers. On s’est cependant vite rendu compte que ce n’était pas du tout ce dont ils avaient besoin : dans ce pays, les bras ne manquent pas pour repeindre un mur !

En revanche, en tant qu’étranger, nous pouvions apporter d’autres choses aux enfants : une ouverture sur le monde, une pratique quotidienne de l’anglais (sésame précieux pour leur future vie professionnelle) et une présence attentionnée et bienveillante. L’encadrement sur place est plutôt limité, les enfants sont beaucoup livrés à eux-mêmes… ils ont donc besoin que l’on s’occupe d’eux, que l’on joue avec eux. C’est tellement important pour leur bon développement.

C’est donc ce que nous avons fait. On lisait des livres, Yan a construit une cabane, Corail partageait ses Legos et jouait avec eux tout l’après-midi. Les enfants n’en avaient jamais vus et adoraient ça. On a aussi fait une soirée cinéma : un film de notre ordinateur, un écran, des pop-corn et le tour était joué. Nous avons emmené toute la troupe à la piscine, ce qui est une activité bien rare pour eux ! Un moment fort en émotion.

Au Népal, pendant nos 3 semaines à l’orphelinat de Katmandou, ce fut pareil. Cependant, comme cet organisme a un peu plus l’habitude de recevoir des étrangers bénévoles, les enfants parlaient un peu mieux l’anglais. Nous avons donc pu faire des activités plus diversifiées : chasse au trésor, aide aux devoirs, ateliers cup cakes, jeux, etc.

mission humanitaire avec enfants

mission humanitaire en famille

Comment tes filles ont-elles réagi face à cette expérience de bénévolat en famille ?

Corail qui avait 5 ans, n’a pas du tout vécu cela de la même manière que Céleste qui en avait 12.

Corail s’est retrouvée dans un endroit où 20 enfants l’idolâtraient toute la journée, voulaient jouer avec elle en permanence. Malgré la barrière de la langue (aucun des deux ne parlaient bien anglais), ils jouaient ensemble des heures entières. Pour elle, cela n’avait rien de contraignant, elle était dans le plaisir.

Pour Céleste, ce fut plus dur car elle n’avait pas spécialement envie de jouer toute la journée et de s’occuper d’enfants. Parfois, nous lui donnions l’autorisation de s’isoler, d’autres fois, nous l’obligions à s’investir. Pour elle, cette mission de bénévolat fut plus un don d’elle-même, même si elle est contente de l’avoir fait.

Dans les deux cas, je sais que nous avons planté une petite graine dans leur tête. Elle est là à jamais et avec le temps, elle va grandir avec eux. C’est en grandissant que Céleste et Corail se rendront réellement compte de ce qu’elles ont fait, de ce qu’elles ont vécu.

voyage solidaire en famille

Qu’est-ce que cette expérience de mission humanitaire en famille a apporté à tes enfants ?

Faire du tourisme solidaire en famille, c’est donner aux enfants l’opportunité de se rendre compte de ce qu’ils ont dans la vie et d’en profiter pleinement. Ils le savent car on leur dit… encore faut-il que cela devienne concret pour eux !

Sans même parler de la situation familiale des enfants qui se retrouvent dans un orphelinat, les conditions de la vie quotidiennes sont frugales : on mange du dal (lentilles + riz) matin et soir, 365 jours par an. Le midi, on a un encas, plus ou moins consistant, mais seulement en fonction des ressources financières du moment. Nous étions logés à la même enseigne, dormions sur les mêmes matelas un peu durs. Autant vous dire que le fait de vivre dans les conditions locales plonge dans une autre réalité !

Par ailleurs, pour Corail notamment, cela lui a permis de progresser en anglais de manière incroyable. A la fin de la deuxième mission humanitaire au Népal, elle arrivait même à faire de véritables phrases. Enfin, pour Céleste pour qui le bénévolat fut moins naturel, cela lui a indéniablement ouvert les yeux sur autre chose.

Et toi, en tant qu’adulte, qu’en as-tu retiré ? Conseilles-tu aux autres parents de tenter l’expérience du tourisme solidaire en famille ?

En voyage, les moments les plus beaux et les plus fascinants sont ceux où l’on entre en contact avec l’Autre. Quand on fait du tourisme solidaire en famille, on est en totale immersion pendant quelques semaines… cela fait partie des expériences très fortes que l’on a pu vivre pendant ces 6 mois !

Cependant, il faut avoir envie de vivre en communauté. Nous avions un espace où les enfants de l’orphelinat n’avaient pas le droit de venir et où nous pouvions nous isoler. Mais globalement, il n’y a pas de week-end ou de vacances, on est dédié à eux. Par ailleurs, comme je le disais, les conditions de vie sont plus ou moins spartiates (douches, matelas, nourriture, etc.). Il faut être préparé à cela et en avoir envie.

vacances solidaires en famille

Y’a-t-il un âge minimum pour partir faire du tourisme solidaire en famille ?

Il faut que les enfants soient autonomes car on ne peut pas leur porter 100% de notre attention. Nous avions 16 autres enfants qui en demandaient en permanence, qui voulaient jouer avec nous, qui voulaient qu’on les aide à faire leurs devoirs. Je n’étais pas toujours avec Corail, il fallait qu’elle puisse se débrouiller un peu seule.

Peut-on partir moins longtemps que vous pour un voyage solidaire en famille ?

Je pense que tout est possible, à voir avec les hôtes. Cependant, les premiers jours, on est en apprentissage. Il faut un peu de temps pour prendre ses repères, tisser des liens avec les enfants, et même apprendre leurs prénoms. Ils ont des noms locaux qui ne nous sont pas familiers et je vous assure que ce n’est pas si simple ! Je dirais que 1 semaine ou 10 jours, c’est le minimum pour à la fois être utile à l’association, et en retirer une satisfaction personnelle.

Souhaites-tu ajouter autre chose ?

Je voulais juste préciser qu’après nos 3 semaines dans l’orphelinat Ocean Nepal, nous sommes partis 2 semaines en trek dans l’Annapurna avec l’agence de voyage du directeur du centre. Les fonds sont en partis reversés à l’association : c’est donc à la fois un mix parfait entre découverte et bénévolat, et une option parfaite pour payer un trek à un prix juste et solidaire. N’hésitez pas à lui en parler !

Merci pour ce témoignage qui donne envie de s’ouvrir aux autres en famille ! Retrouvez le blog de Angèle, Yan, Céleste et Corail et découvrez tout pleins d’articles inspirants sur leur grande aventure. Je suis complètement fan de leur manière de voir le monde, pas vous ?

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Crédit photo : Bellerose-Vermette

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